Fix Me
de Raed Andoni
France/Palestine/Suisse - 2009 - 1h38 min
Avant première
Raed Andoni a quarante ans, tout comme l'occupation israélienne de la Cisjordanie, et souffre d'une migraine tenace. De cette céphalée invalidante, il a oeuvré à un film où l'intime entre en résonance avec le destin collectif de son peuple.
Parcourant des paysages éventrés, Raed Andoni mène l'enquête, rassemble ses souvenirs manquants - interroge son thérapeute, ses amis, sa famille -, passe les check-points comme un ressassement. Fix Me traite de la perméabilité, de la porosité : il montre comment l'histoire des territoires occupés s'est insidieusement insinuée dans le corps du cinéaste. En usant de la juxtaposition, de l'opposition, de l'enlacement même de certains plans, le film interroge aussi avec finesse, toute la complexité d'une réalité historique. Par son rythme, sa densité, la beauté des cadres, la musicalité de la bande sonore, le cheminement de sa pensée, Fix Me agit comme un antidote à la guerre. Par son humour et son intelligence, il constitue un merveilleux et subtil bras d'honneur aux extrémistes des deux bords.
Avec Fix Me, son premier long métrage pour le cinéma, Raed Andoni se situe dans la lignée croisée d’Elia Souleiman et Avi Mograbi. Deux noms qui ne doivent pas paraître écrasants mais au contraire indiquer une démarche — le cinéma avant toute chose – ; une tournure d’esprit non dénuée d’ironie, selon laquelle la meilleure façon d’aller droit au but est d’emprunter des chemins détournés ; enfin, la nécessaire exposition de soi comme personnage de son propre film. Les noms d’Elia Souleiman et d’Avi Mograbi font aussi le lien entre le documentaire et la fiction. Or, Fix Me est un documentaire qui n’est pas dépourvu de « poussées » fictionnelles. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la sensation d’assister à la naissance d’un vrai cinéaste, sur l’avenir duquel on est prêt à parier.Le film sortira en salles vers la fin de cette année.
La traduction en français du débat sera assurée par Cathy Cooper.



